2027 : donner de l’espoir – ne pas commencer par la fin

Le 40e Congrès du PCF se tient dans une situation internationale dangereuse, une situation nationale marquée par la pression de la droite et du patronat sur les conditions d’existence de millions de Français et par la montée des idées du Rassemblement national. Ce Congrès doit permettre de remettre de l’espoir et des perspectives dans le mouvement social.
Donner de l’espoir, c’est remettre en mouvement les couches populaires et transformer les aspirations sociales en volonté de changement, en rassemblement fort et puissant.
Pour cela, il ne faut pas commencer par la fin : les discussions politiciennes sur le second tour des élections présidentielles de 2027 ne doivent pas décider du premier tour avant même le vote des citoyens concernés.
Toutes les forces de gauche devraient consacrer leur énergie à débattre maintenant des solutions permettant une vie meilleure, celle que nous appelons la « France des jours heureux ».
La base commune adoptée par les membres du Conseil national fin mars après discussion et premières propositions des communistes pendant les mois de février et mars, « Un communisme de conquêtes » propose d’ouvrir un grand débat populaire sur les moyens d’augmenter les salaires, la possibilité de travailler mieux et moins longtemps, une éducation de qualité pour tous les enfants, des retraites permettant de vivre pleinement cette période de la vie, le financement des services publics et de la protection sociale, une place dynamique de la France pour agir pour la paix dans le monde.
Ce sont toutes ces aspirations que le texte « Un communisme de conquêtes » veut faire émerger, renforcer et organiser.
C’est la volonté des communistes, et ils souhaitent qu’elle soit aussi celle de l’ensemble des forces de gauche. C’est le sens d’une candidature communiste : porter un projet de transformation sociale, ouvrir une perspective populaire, créer les conditions d’un rassemblement majoritaire dès maintenant.
À l’inverse, commencer par la question du second tour des élections présidentielles revient à bloquer tout débat politique sur l’union vivante des forces démocratiques au profit du seul rassemblement électoral.
Cela revient à pousser le peuple à se résigner à une gauche plafonnant à 30 %, comme c’est la cas depuis 2017, à voter à contrecœur pour un « front républicain » disparate, affaibli et sans perspective de changement réel. C’est ce à quoi conduit la ligne politique de la LFI. Sa responsabilité et celle de Jean-Luc Mélenchon sont lourdes dans cette situation. S’entêter dans cette logique ne peut que conduire à l’échec et ouvrir une voie royale au Rassemblement national, comme le montrent clairement les derniers sondages.
La démarche du PCF refuse toute hégémonie ou esprit de boutique et s’inscrit uniquement dans la perspective d’un rassemblement populaire majoritaire.
Le 38e Congrès du PCF en 2018 a constitué une rupture importante dans la réflexion communiste et a acté une volonté de réaffirmer l’action autonome d’un parti révolutionnaire. Aujourd’hui, on constate que, outre la base commune, deux textes alternatifs sur les trois proposés à la discussion des communistes (« Résister et construire » et « Stratégie communiste »), déclarent s’inspirer de cette volonté d’autonomie communiste de 2018.
Par contre, un désaccord fondamental (parmi d’autres) existe avec le texte « Communistes à l’offensive », dont les orientations aboutissant à la dilution du rôle spécifique du PCF ont été rejetées au 38e Congrès.
On peut donc considérer que le texte « Un communisme de conquêtes », texte présenté par le Conseil national du PCF est LA MATRICE FONDAMENTALE pour intégrer beaucoup d’améliorations provenant du débat, y compris de ceux qui proposaient au débat un texte alternatif.
Dans deux des textes alternatifs, existent, sans doute, des éléments intéressants susceptibles d’enrichir partiellement la base commune sur plusieurs points essentiels comme la nécessité d’une présence forte du PCF, la reconstruction d’une perspective communiste , le besoin de redonner espoir aux classes populaires, la nécessité de redonner un élan encore plus vigoureux à l’action internationale pour la paix.
Essayons de tirer les leçons des expériences internationales, notamment de la situation espagnole où l’échec de Podemos a montré les limites d’une dynamique qui ne parvient ni à mettre en échec durablement l’extrême-droite, ni à transformer l’élan populaire en projet politique stable et majoritaire.
Le débat le plus large, dans un esprit de synthèse, dans les cellules, sections et fédérations communistes peut permettre de faire du texte du Conseil national « Un communisme de conquêtes », un texte enrichi et unificateur, permettant à la candidature communiste, dont le processus sera lancé dès la fin du Congrès, d’être un vecteur de propositions dynamiques pour la mouvement social, et ce, dès la Fête de l’Humanité, qui sera ainsi le grand moment politique de la rentrée.
Jean Sandétour – 18 mai 2026